Le tribunal administratif de Paris a refuse hier d'ordonner la fermeture du campus de Jussieu, comme le demandait le Comite antiamiante, une association constituee d'enseignants, de chercheurs et d'etudiants. Le comite faisait valoir que les travaux de desamiantage trainent (en quatre ans seulement 2,5% des locaux contamines ont ete traites); or, 70 personnes sont deja reconnues en maladie professionnelle sur le campus. Et 10 nouveaux cas se declarent chaque annee. Le tribunal a admis que « cette situation necessite l'ediction de mesure plus severes ». Il a neanmoins rejete la demande, estimant qu'a Jussieu certains batiments ne comportent pas d'amiante et repondent aux normes de securite. Des lors, le tribunal a estime qu'une fermeture totale aurait ete disproportionne.
Le campus de Jussieu ne fermera pas ses portes a ses 50.000 etudiants, enseignants et chercheurs. Hier, le tribunal administratif de Paris a rejete la requete formulee par le Comite anti-aminate Jussieu, qui attaquait une decision du prefet de police de Paris. Motif : la demande de l'association tendait a la fermeture de la totalite du site qui abrite les universites Paris-VI et Paris-VII, or « elle incluait des batiments ou la securite etait suffisament assuree ou pouvait l'etre par la mise en oeuvre de prescriptions en ce sens ».
Toutefois, a l'issue d'une audience de pres de cinq heures jeudi dernier, le tribunal a tenu compte des inquietudes de l'association quant aux dangers poses par la presence d'amiante (dont 90% restent a extraire) et le risque incendie. Il le releve : « Certains des batiments composants le campus ne sont pas conformes aux normes de securite.» Et avertit : « Cette situation necessite des mesures plus severes.»
Pour Michel Parigot, president du Comite anti-amiante, c'est la « le point important. Et nous avons encore la possibilite de demander la fermeture des parties posant le plus de souci : les batiments du Grill [sic] (2/3 de la surface totale de Jussieu) dont la tenue au feu a ete evaluee a 10 minutes.»
L'association attend desormais un jugement sur le fond. « Exiger la fermeture est le seul moyen d'obliger les pouvoirs publics a faire appliquer la securite le plus vite possible et a accelerer les travaux de desamiantage. A l'origine, ils devaient s'etaler sur cinq ans et s'achever l'an dernier. Or aujourd'hui, moins de 10% du site sont en chantier.»
De son côté, Bernard Dizambourg, president de l'etablissement public de Jussieu, n'en demord pas : « Tout le monde souhaite aller plus vite. Au rythme actuel, il y en aura encore pour huit ans de travaux, mais nous etudions des pssibilites pour les ramener a cinq ans. On peut fermer. Encore faut-il une possibilite de relogement. On ne peut pas reloger dans n'importe quelle condition de securite. Par ailleurs, sur le campus, des mesures sont prises, notamment des travaux de compensation d'un certain nombre de problemes (alarme...).»
Selon la prefecture de police, la commission de securite se reunira d'ailleurs fin mars et fin avril pour des visites de controle. Et c'est promis : « Si un risque reel existe en matiere de securite, le prefet de police prendra ses responsabilites.»
UN SURSIS pour les 50 000 étudiants et les chercheurs qui fréquentent le campus de Jussieu. Ces deux universités « en une » (Paris-VI et Paris-VII), malgré un désamiantage qui traîne en longueur et des « poches » d'insécurité, ne fermeront pas leurs portes pour l'instant. Ainsi en a décidé, hier, le tribunal administratif qui statuait sur une demande de fermeture pour raisons de sécurité, déposée par le comité antiamiante de Jussieu. Interpellé par ce collectif, le préfet de police avait fait la sourde oreille, ne donnant pas suite au courrier du comité en juillet dernier. Une attitude qui signifiait le maintien des activités de la faculté. Le 26 décembre dernier, le comité antiamiante saisissait donc le tribunal administratif, exigeant purement et simplement la fermeture de la fac, mettant en avant les dangers liés à l'amiante, mais aussi la non-conformité des bâtiments en matière de sécurité incendie. Le dossier était plaidé le 25 janvier. Hier, vers 16 heures, sous les lambris d'un bel hôtel particulier, rue de Jouy (IV e ), le tribunal a rendu son verdict : Jussieu restera ouvert. Agacé par une ou deux sonneries de portables, le juge a, au cours d'une audience éclair, égrené codes et lois comme un chapelet, avant de lâcher son verdict devant un parterre de représentants des universités et de chercheurs aussi graves les uns que les autres.
Ménageant la chèvre et le chou, il a souligné au passage « la nécessité de mesures de mise en sécurité plus sévères et la légitimité, pour le comité antiamiante, à s'assurer de cette sécurité ». « Jussieu ne ferme pas. Mais, ce qui est important à relever », a réagi, hier en sortant de l'audience, Michel Parigot, le président du comité antiamiante, « c'est que le tribunal indique la marche à suivre. Si nous sommes déboutés sur la fermeture totale, il paraît légitime de demander la fermeture des parties dangereuses. Ce que nous allons faire, en saisissant de nouveau le tribunal ». Or, presque les deux tiers de l'université, le « gril », haut bâtiment central, et la « barre », donnant sur les quais de Seine, sont considérés comme non conformes aux normes de sécurité. Le préfet de police, Philippe Massoni, qui avait envoyé hier rue de Jouy un « correspondant », saisira-t-il la perche pour prendre des mesures plus sévères ? La préfecture de police rappelle pour l'heure que la commission de sécurité, présente sur le campus le 23 janvier dernier, a émis un avis favorable à l'exploitation des bâtiments, mais avec une liste conséquente de prescriptions à la clef.